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Sarah Kaminsky

1 février 2021
Par Barbara

Sarah Kaminsky est scénariste, comédienne et écrivaine. Elle a publié un livre sur la vie de son père - Adolfo Kaminsky: une vie de faussaire, un résistant humaniste qui a oeuvré pendant 30 ans pour défendre de nombreuses causes. Sarah nous parle ici d'engagement, d'espoir (et de comment le transmettre) - et bien sûr de cheveux.

 

Parle-nous du livre sur ton père: pourquoi as-tu eu envie d'écrire sur sa vie?


Mon père a été "le Faussaire de Paris" pendant la deuxième guerre mondiale, et il a continué ensuite cette activité clandestine pendant 30 ans! Son histoire - et le fait qu'il ait toujours refusé d'être payé, est restée secrète très longtemps. Je l'ai découverte en grandissant, et c'est pour ça que j'ai eu envie de faire ce livre: pour la raconter, pour que tout soit écrit quelque part. Et pour moi ce livre a une résonance particulière avec l'actualité, il est d'une certaine manière assez porteur d'espoir pour la génération actuelle: à l'échelle d'une seule personne, il est possible de changer les choses... 

Ton père s'est engagé toute sa vie pour différentes causes... Peux-tu nous en dire plus sur son parcours?


Il devient faussaire à 17 ans, car il a les connaissances et le savoir-faire  technique, et comme il est juif, il doit lui-même changer d'identité pour sauver sa propre peau. Et en même temps qu'il sauve sa vie, il sauve celle des autres, beaucoup d'autres, et notamment des milliers d'enfants. Ensuite, après la guerre, quand tout le monde a repris le cours de sa vie, il a continué à travailler pour toutes les causes qui lui semblaient justes, pour les luttes de décolonisation - il était du côté des Algériens, puis des Guinéens, des Angolais etc - pour toutes les causes humaines, et tout cela sans aucune distinction entre les gens, quelle que soit la couleur de peau, la religion, l'origine, l'âge, le sexe... Pour lui un humain est un humain, point. 
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photo: Benjamin Boccas
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photo: Benjamin Boccas

Tu as grandi avec cela, ces valeurs, le fait de ne faire aucune distinction entre les gens?

Forcément, mon père est blanc, d'origine russe ashkénaze, il est né en Argentine, nationalité dont j'ai hérité. Et ma mère est Algérienne, noire, Touareg, musulmane - et ils ont une grande différence d'âge. Pour moi, cela n'a rien d'exotique puisque c'est mon univers, à la maison on ne se posait jamais la question de la différence! C'est uniquement à travers le regard des autres qu'on ressent ou non ces choses, c'est le regard que les gens extérieurs posent sur nous qui fait qu'on se sent à l'aise ou pas...

Tu as de magnifiques cheveux bouclés: quelle est ta relation avec eux?

Petite, je voulais avoir les cheveux lisses, très longs, des cheveux de princesse... en Algérie où je suis née, il n'y avait pas de démêlant! On me lavait les cheveux au savon de Marseille: c'était un cauchemar!  Arrivée en France, petite, j'ai eu une tignasse de cheveux bouclés qui descendait jusqu'aux fesses. Ma mère me mettait des tonnes de démêlant, parfois plusieurs bouteilles, mais il fallait quand même plusieurs heures pour venir à bout des nœuds - je me souviens des samedis entiers passés dans la baignoire... Puis ado j'étais assez rebelle, j'ai même eu une crête iroquoise, la boule à zéro aussi... je voulais casser mon image de fille sage.

Plus tard, j'ai compris que si je voulais des belles boucles, il fallait que j'arrête d'essayer de les dompter! J'ai commencé à les démêler avec les doigts (et non à la brosse), à les laisser sécher à l'air libre... Etre alors, miracle, ils ont arrêté de s'emmêler!

Aujourd'hui je trouve que la caractéristique physique qui représente le plus ma personnalité, ce sont mes cheveux, tels qu'ils sont au naturel! Dès que je les modifie, c'est du déguisement... D'ailleurs le dernier brushing que j'ai fait remonte à plus de... 8 ans!

Et nos 3 questions habituelles:


Quel est ton hair top?


Lorsque je me suis fait une vraie coupe afro assez large  - c'était il y a 17 ans, lorsque mon fils avait tout juste 1 an. Les boucles étaient hyper belles, je n'avais rien à faire le matin, juste mettre une petite crème, secouer la tête hop! Et je me souviens, je marchais la tête haute, je me sentais hyper bien.

As-tu un hair flop?

J'en ai beaucoup! J'ai fait beaucoup de trucs délirants avec mes cheveux, de couleurs, du rose, du bleu, du vert, j'ai rasé à blanc, fait des franges, des tresses... - mais je ne dirais pas que c'était vraiment des hair flop,  c'etait plutôt drôle... Je dirais que les moments 'hair flop' arrivent en général quand on a des moments compliqués dans sa vie... par exemple quand on est jeune, qu'on galère, qu'on est à découvert à la banque, et là on se fait un brushing et la pluie arrive... donc rien ne va!! Je me souviens comme ça d'un soir du nouvel an où je marchais dans la rue fraichement "brushée" pour aller à la soirée, et la pluie puis la bruine ont fait gonfler mes cheveux mais attention, sans les faire boucler non plus, un peu comme si je m'étais pris 100000 volts d'électricité, c'était n'importe quoi..!

As-tu un hairtip?

 

Surtout: pas de brosse!!! 

Dernère question, quels sont tes projets  à venir?

J'ai co-écrit un film qui sort en novembre 2021: "Adieu Monsieur Haffmann", réalisé par Fred Cavayé, et adapté de la pièce éponyme (et aux 4 Molières!) de Jean-Philippe Daguerre.
J'ai aussi co-écrit une comédie sociale dont le tournage va bientôt démarrer: "Un petit Miracle", réalisé par Sophie Boudre.
Et puis, un autre projet qui me tient très à coeur: je démarre l'écriture de l'adaptation audiovisuelle du livre que j'ai écrit sur mon père, "Adolfo Kaminsky, une vie de faussaire"...

 

 

Shaeri ❤️ Sarah