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Métissages

25 janvier 2021
Par Kenza

Dans le dictionnaire (Larousse) le métissage est défini comme l’union féconde entre hommes et femmes d’origine ethnique différente. Quand on demande à Google Images, c’est Barack Obama qui côtoie Meghan Markle, pas très loin de Tony Parker et de Yannick Noah… 


Dans une définition assez restreinte du métissage, les métisses seraient reconnaissables à deux attributs physiques majeurs : leurs cheveux frisés et leur couleur de peau “café au lait”, avec plutôt peu de café et beaucoup de lait. Moi, j’ai les deux, mais j’ai mis longtemps à me considérer comme telle et c’est en voyageant que j’ai commencé à comprendre l’enjeu derrière ces représentations. 


Aux Etats-Unis, je passe pour une Porto-Ricaine, une dominicaine, en Espagne pour une cubaine ou une brésilienne, en France pour antillaise, “une fille des îles” et j’ai dû, plus d’une fois, jurer sur la tête de ma mère pour expliquer que, vraiment je ne parle pas créole.  A chaque fois que j’ai été “relocalisée” par une personne qui projette sur moi un imaginaire très lointain, c’est parce qu’il est encore trop peu envisageable qu’en Méditerranée aussi, on puisse être métisse


Mais pourquoi ? Parce que nos standards de beauté nous ont, pendant longtemps imposé, oh combien subtilement, d’effacer certains attributs physiques pour ressembler à des Européens, à des Arabes “des vrais”. Parce que certains physiques sont mis en avant et pas d’autres et que ces représentations enferment. 


Dans l’Antiquité, les Egyptiens après les Grecs, les Romains font de la mer Méditerranée leur mer “Mare Nostrum” et font prospérer leur empire sur ses rives. D’autres peuples, les Étrusques au nord, mais aussi les Phéniciens, les Carthaginois, les Berbères au sud, vivent au bord de ce qu’on appelait à l’époque le “lac Méditerranée”. Au Moyen Age, la Méditerranée catalyse 3 grandes civilisations, chacune associée à une religion : le monde musulman et ses différentes dynasties qui règnent sur la rive Nord et Sud (Espagne), l’empire Byzantin, chrétien orthodoxe, avec Constantinople (devenue Istanbul) comme capitale et l’Occident chrétien, catholique. Au-delà de ces grandes divisions, il existe aussi beaucoup de minorités religieuses, parmi lesquelles des juifs en Espagne, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. 


C’est à partir de cette période que la Méditerranée se transforme en véritable espace d’échange, qui devient constitutif de son identité et des nôtres, comme si depuis longtemps, la Méditerranée incarnait le métissage sans l’assumer. Des siècles plus tard, il est peut-être temps de se bouger pour formuler une définition du métissage qui ne nous exotise pas et nous ressemble, quelque part entre Europe, Afrique et Asie.

Références : 

https://www.youtube.com/watch?v=f_892s3HXuE

https://dicomed.mmsh.univ-aix.fr/Pages/notices/dicomed-121.aspx 

https://www.cairn.info/revue-pensee-plurielle-2009-2-page-27.htm 

https://www.un.org/fr/chronicle/article/la-mer-mediterraneeberceau-de-nombreuses-civilisations

https://www.cairn.info/revue-tiers-monde-2012-1-page-179.html 

https://www.assistancescolaire.com/eleve/2nde/histoire/reviser-le-cours/2_his_14 

https://histoiregeoenvideos.files.wordpress.com/2019/07/h1-2-trace-ecrite.pdf 

Métissage culturel, production culturelle (musique, littérature, etc.) résultant de l'influence mutuelle de civilisations en contact.

Notre mer pour les Romains, la Mer blanche (Akdeniz) pour les Turcs, La Grande Mer pour les juifs, la Mer du milieu (Mittlemeer) pour les Allemands et même la Grande Verte par les anciens Égyptiens.