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Ghada Hatem-Gantzer

14 février 2020
Par Barbara

A l’origine de La Maison des Femmes, il y a Ghada Hatem-Gantzer, gynécologue obstétricienne et cheffe de service à la maternité Delafontaine de Saint-Denis. Cette femme engagée, puissante, inspirante, a créé un lieu unique en France pour accueillir toutes les femmes vulnérables et victimes de violence: grâce à elle et à son équipe de médecins, psychologues, juristes, travailleurs sociaux, sexologues et conseillers conjugaux, déjà 11000 femmes ont été accueillies et ont trouvé accueil, soins et écoute. Découvrez l'interview de Ghada, et soutenez La Maison des Femmes pour aider à accueillir plus de femmes et à ouvrir d'autres Maisons en France!

 

Vous êtes arrivée en France à 18 ans: quel a été votre parcours?

J'ai fait mes études primaires et secondaires au Lycée Français de Beyrouth et il m'a semblé normal de poursuivre ma formation universitaire en France. J'ai habité un petit studio dans le 5ème avec une amie venue faire médecine comme moi, et consciente que je n'étais pas là pour rigoler (la guerre civile faisait encore rage à l'époque et il n'était pas question de s'amuser) j'ai travaillé dur pour être admise du premier coup en 2ème année malgré le numérus clausus.
La suite s'est enchainée simplement, l'internat des hôpitaux de Paris, une spécialisation en gynécologie-obstétrique, des postes dans différentes maternités (Les Bluets, l'hôpital Bégin) avant d'atterrir en 2010 à Saint-Denis.

Comment est née votre volonté de créer La Maison des Femmes?

Lorsque j'ai pris mes fonctions de cheffe de service à la maternité de Saint-Denis j'ai été frappée par la précarité de la population et la violence des situations. Comme l'espace dont j'ai hérité pour le centre de planification était ridicule, j'ai eu envie de créer un lieu dédié, beau, un peu distinct de l'hôpital, pour accueillir les femmes dont les problématiques étaient trop complexes ou trop intimes pour être abordées dans une consultation standard.

D’où vous vient votre engagement profond pour la cause des Femmes, et votre pugnacité (que l’on admire tant)?

Cet engagement remonte à mon enfance, seule fille dans une famille avec 3 garçons, dans un monde où la culture orientale prévaut et où la place de la femme est rarement enviable.
Je déteste l'injustice et les avenirs fermés, donner d'autres options aux femmes était une nécessité.

 

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Ici bien sûr on parle aussi de cheveux… et avec tout ce que ce sujet implique comme rapport (parfois complexe) à la féminité, à l’estime de soi, et à son propre héritage… Vous avez une chevelure magnifique, d’où vous vient-elle?

 

J'ai une chevelure "métèque" héritée de mes chromosomes arabes. Elle est tellement particulière qu'elle est devenue comme un signe distinctif et bien sûr j'y suis très attachée. Evidemment, avec l'âge il faut en prendre soin alors que plus jeune, je me réjouissais d'avoir zéro soins. Mon fils a les mêmes, surnommé "La touffe" par ses camarades, et ma fille a une version plus mixte, moins frisée que je trouve magnifique.

A travers Shaeri, nous voulons aider les femmes à avoir confiance en elles… Vous qui êtes confrontée quotidiennement à la grande vulnérabilité de femmes de tous horizons et de toutes origines, comment les aidez-vous concrètement à La Maison des Femmes dans ce chemin vers l’estime de soi?

Et bien nous travaillons un peu avec la même idée, accepter les événements douloureux de sa vie et en faire quelque chose. J'ai découvert récemment une femme exceptionnelle, Edith Eger. D'ailleurs je recommande la lecture de son ouvrage "Le choix d'Edith" et je me permets de la citer: "Quand nous ne nous autorisons pas à faire le deuil de nos pertes, de nos blessures et de nos déceptions, nous nous condamnons à les revivre. Etre libre réside dans le fait d'apprendre à faire nôtre ce qui s'est passé. Etre libre signifie que nous puisions en nous le courage de démanteler la prison, brique après brique".

 
Quels sont vos projets avec La Maison des Femmes, et est-il prévu d’en créer d’autres ailleurs en France?

 

Nous avons bien sûr le projet de dupliquer notre modèle auquel nous croyons fortement car il semble répondre à un réel besoin. Nous avons donc besoin de la société civile pour accompagner ce déploiement, tant d'un point de vue financier que pour renforcer nos actions de sensibilisation et de plaidoyer auprès des pouvoirs publics, mais aussi pour s'impliquer concrètement auprès des femmes, chacune et chacun avec sa sensibilité et ses talents propres. 

 Shaeri ❤️ Ghada

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Grâce à Ghada et aux formidables Band Of Sisters, La Maison des Femmes a vu le jour et continue de se développer: 11000 femmes ont déjà été accueillies, mais les besoins sont énormes! Alors pour aider et soutenir La Maison des Femmes, c'est très simple:

🌵Faites un don (quel que soit le montant!) directement sur le site Hello Asso de La Maison des Femmes,

🌵Partagez cet article pour faire connaitre Ghada et La Maison des Femmes,

🌵Faites un achat sur notre site: 10% des ventes du mois de février seront reversés à La Maison des Femmes!