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Dalida, fille d'Egypte

10 août 2021
Par ZO

A l'occasion de l'exposition "Les Divas du Monde Arabe, d'Oum Kalthoum à Dalida" à l'Institut du Monde Arabe à Paris, on continue les portraits de ces femmes puissantes et intemporelles qui ont marqué les sociétés arabes d'après-guerre. Aujourd'hui, on se penche sur l’une des chanteuses les plus célèbres et les plus populaires en France : Dalida, celle qui a traversé les époques et les modes en chanson jusqu’à devenir une idole et une icône transgénérationnelle.



On dit souvent que Dalida, c’est "la France de la fin des années 70", mais il faut garder en tête qu’elle est avant tout née en Egypte et vient d’une famille italienne : on la surnommait ainsi « L’Italienne du Nil ». Le rappel de la naissance égyptienne de Dalida n’échappe ni aux notices biographiques ni aux documentaires la concernant mais son rapport à l’Égypte n’est exploré que par les initiés! Alors Dalida serait-elle la plus méditerranéenne des chanteuses françaises ?

Dalida, l' "Italienne du Nil "

Iolanda Gigliotti, dite Dalida, est donc née au Caire en 1933. Elle est issue d'une famille italienne et est scolarisée chez des religieuses italiennes. 

La présence de sa famille d'origine italienne en Egypte s'inscrit dans un contexte migratoire plus large : la crise économique de la réunification puis du Risorgimento a conduit de nombreux Italiens à s’exiler. L’Égypte leur donnait un niveau de vie qu’ils n’auraient pu espérer ailleurs. Parmi ces émigrants, se trouvaient les grands-parents de Dalida. Ils s'installent dans le quartier de Choubra, « cosmopolite, une petite Alexandrie, où s’installèrent de nombreux étrangers, Italiens, Grecs, Arméniens, Levantins, issus des classes moyennes qui cohabitaient harmonieusement avec les Égyptiens sans discrimination religieuse »

 La future diva Dalida obtient un diplôme de secrétariat mais est attirée par le monde du spectacle : elle choisit de s’essayer au mannequinat et remporte le titre de Miss Egypte en 1954, véritable victoire sur son strabisme qui la complexe.  Elle fréquente également le monde du cinéma et côtoie Omar Sharif et Youssef Chahine. C’est donc en Égypte qu’elle a débuté sa carrière d’actrice : elle figure en 1955 dans un premier film, Samson et Dalila de Cecil B. DeMille. Puis elle décide d’abandonner sa carrière égyptienne pour se rendre à Paris.

 Une carrière internationale à l’image de son identité cosmopolite

Ainsi,  le soir de Noël de l’année 1954, Dalida débarque seule à Paris où elle espère faire carrière. Elle rencontre son premier succès en France en 1956 avec « Bambino ». puis les titres à succès s'enchaînent : Gigi l’Amoroso, Paroles… Paroles…, Salma Ya Salama ou encore Je suis malade deviennent tous des classiques. Le timbre méditerranéen de sa voix séduit les Français et Dalida chante aux côtés d’Aznavour ou encore de Gilbert Bécaud. 

 Son succès va devenir international dès 1960 et les années 70 voient le développement des émissions de télévision consacrées à la variété. La diva égyptienne en profite largement car elle y est souvent invitée aussi bien en France qu'à l'étranger. Dans les pays arabes, Dalida est fortement iconique. On la sait originaire du Caire en Egypte. Cela renforce les liens que le public peut entretenir avec elle. Son retour dans les années 70 en Egypte et ses voyages au Liban lui donnent l'idée de chanter en arabe. Elle se produira donc dans de nombreux pays en français, italien et arabe . 

 Ainsi, depuis son Égypte natale, Dalida a conquis une place internationale dans la variété musicale. De 1954 à son décès, la diva arabe revient régulièrement au Caire. C’est dans ce Caire cosmopolite que différentes langues ont formé son oreille : l’italien à la maison et à l’école, l’arabe égyptien dans les rues et les commerces, l’anglais de la puissance mandataire encore très présente, le français de l’élite intellectuelle et bourgeoise, et tant d’autres encore, comme le grec ou l’arménien.


Dalida : inspirante et engagée


Au cours de sa carrière, la diva égyptienne s'est engagée en faveur de plusieurs causes. Elle militait notamment contre l'homophobie, un combat que l'on retrouve dans sa chanson Pour ne pas vivre seul en 1972. Dans sa chanson, Dalida chantait le fait que "pour ne pas vivre seules, des filles aiment des filles et l'on voit des garçons épouser d'autres garçons".  Un texte qui avait été immédiatement adopté par la communauté gay, qu'elle a également fasciné par ses déceptions amoureuses.

Malgré toutes les tragédies qui ont marqué sa vie, on gardera d'elle l'image positive et pétillante d'une Egyptienne venue en France pour accomplir ses rêves. Plus de 30 ans après sa disparition, l'Italienne du Nil continue de nous inspirer et de nous faire danser !  Ainsi, nous conclurons ce portrait par les mots de Colette Fellous  à propos de Dalida : « On l’imite quand on a 8, 13 ou 18 ans, quand on est un homme, quand on est une femme, quand on est gay, quand on est travesti, ou encore quand on n’a pas vraiment envie de choisir qui on est (…) On l’imite parce qu’elle a continué à faire comme si elle savait faire, mais non, elle ne savait pas, personne ne sait jamais. »  

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